Chercher sa voie à (presque) 30 ans

Il y a quelques mois, j’ai vécu une période assez difficile. Une période de doutes et de remise en question qui te donne envie de pleurer à peu près 24h/24. Sans entrer dans les détails, au fur et à mesure des années, j’avais l’impression de ne pas pouvoir donner le meilleur de moi-même dans les fonctions que je devais remplir au niveau de mon job (encadrer des étudiants lors de séances d’exercices et de labo et de la recherche en laboratoire) et cela me frustrait au plus haut point. A côté de cela, je ne me voyais pas poursuivre la carrière toute tracée qui m’attendait avec mon diplôme, une fois ma thèse de doctorat en poche (c’est-à-dire : l’entreprise pharmaceutique). Ces doutes-là (qu’est-ce que je vais faire avec ce diplôme ?) je les ai ressenti très tôt mais j’ai cru, probablement naïvement, que tout allait se mettre en place en vieillissant grandissant. Bizarrement, ça a été plutôt l’inverse. Je suppose que lors de mes études, la grande carrière (et le beau salaire) qui pouvai(en)t m’attendre me faisai(en)t envie. Mais cette envie s’est fortement évanouie au fur et à mesure des années. Lorsque je suis devenue maman, elle s’est complètement effondrée. J’avais envie de temps pour ma famille et d’un travail qui me passionnerait et aurait du sens pour moi. J’avais envie d’une vie plus simple et plus à mon image.

Le problème c’est que, même si ce désir me bouffait de l’intérieur, je ne savais pas quelle direction prendre. Depuis tout petit, on est envoyé sur les rails de LA réussite : décrocher un beau diplôme, puis un beau job et fonder une belle famille dans une belle maison (même si on n’a pas le temps d’en profiter). Nos choix s’enchaînent les uns après les autres pour y arriver, presque de manière inconsciente. Et voilà que j’avais (presque) atteint ce graal : bien réussir à l’unif (en ratant ma première, quand même), épouser mon amour de jeunesse, acheter une maison (à rénover petit à petit), avoir un magnifique petit garçon très éveillé, avoir quelques vrais amis sur qui je peux compter. Bref, j’avais « tout » et pourtant je n’étais pas complètement heureuse et épanouie. J’ai assez vite pointé le problème du doigt : ma carrière. Mais comment se trouver dans une vie si bien lancée ? Où se chercher dans une vie où tout va vite ?

Je suis restée plusieurs mois dans cet état de doutes, de questionnement et de tristesse. J’étais prête à faire tout ce qu’il fallait (reprendre des études complètement différentes, par exemple) mais je ne savais pas ce qu’il fallait faire, justement. Ni comment le déterminer. Après avoir bien trop souvent éclaté en sanglots sur le chemin du retour à la maison ou lorsqu’on me demandait simplement « comment ça va », je me suis dit qu’il fallait vraiment que je prenne les choses en main. J’ai alors pensé aller voir un psychologue. Sans avoir aucune idée de la personne vers qui me tourner, j’ai commencé à éplucher les sites de psy de ma région. Au cours de mes recherches, j’ai repensé à une conversation que j’avais eu avec ma soeur des mois plus tôt sur une de ses collègues qui était coach. Lorsque j’ai lu le descriptif de sa page web (ici, pour ceux qui vivent par chez moi), j’ai eu une révélation : c’est comme si cela avait été écrit pour moi. Le jour-même, j’ai pris rendez-vous. Et, je vous promets : je me suis déjà sentie soulagée. J’avais le sentiment de me prendre enfin en main. Je n’allais plus subir cet état de doutes et j’allais, je l’espérais, enfin trouver ma voie. Celle qui me permettrait d’allier passion et vie de famille.

J’avais déjà lu beaucoup de livres et de blogs sur le développement personnel. C’est un sujet qui me passionne et pour lequel je suis très sensible. Mais être encadrée dans cette recherche de soi, ça n’a pas de prix (en vrai, ça en a un, même plutôt élevé, mais ça vaut sincèrement le coup). C’est comme ça que, pour la première fois depuis très longtemps (voire depuis toujours), j’ai pris le temps de me découvrir sincèrement. Moi, Typhanie, à 29 ans. J’avais changé depuis tout ce temps, je n’avais plus les mêmes envies, plus les mêmes rêves, plus les mêmes idéaux. Ces étiquettes qu’on m’a attribuées, ces cases dans lesquelles on m’a rangées ne me correspondent plus toutes et j’avais besoin de me redéfinir. Le but initial de ces séances était évidemment de définir un plan professionnel. En réalité, le but a été de me (re)définir moi et d’assumer pleinement qui j’étais et ce que je voulais. Au fur et à mesure des discussions, des exercices et des devoirs que j’avais à faire, tout est devenu plus clair.

C’est comme ça que j’ai pris la décision d’arrêter ma thèse et de tenter de vivre la vie dont je rêve. J’ai fait le choix d’une année incertaine et bancale de reconversion professionnelle sans certitude que cette voie soit la mienne. Moi, la fille qui planifie son dimanche, je fais un grand saut dans l’inconnu et ça me rend heureuse ! J’ai donc un job à temps partiel jusque décembre (je continue d’encadrer les étudiants mais sans la partie recherche), je suis de retour sur les bancs universitaires pour passer l’agrégation dans le but d’enseigner la biologie en rénové et je vends mes créations Timbi. L’idée finale serait d’enseigner à mi-temps et d’avoir mon entreprise à côté où je vendrais mes créations et organiserais des ateliers créatifs. A la sortie des études, je n’aurais jamais imaginé enseigner en rénové. Et, pourtant, j’ai maintenant l’impression que c’est ça mon truc : enseigner la biologie en donnant confiance en eux aux étudiants et en éveillant leur curiosité (à voir évidemment si c’est le cas lors de mes stages, hihi).Je n’aurais jamais imaginé avoir l’audace d’envisager Timbi comme une réelle source de revenus. Et, pourtant, cela fait maintenant partie de mon plan pour le futur.

Souvent, les articles ou témoignages sur les reconversions professionnelles se terminent sur une vraie réussite professionnelle épanouissante. Pour moi, ce n’est pas le cas. Je suis au tout début du processus. Ce n’est pas évident de tout concilier, on va devoir se serrer très fort la ceinture (car pas d’économies), je doute quand même encore un peu. Mais à côté de ça, depuis que ma décision est prise, je suis soulagée et sincèrement épanouie. Et ce n’est pas seulement moi qui ressent cela, certains proches me l’ont aussi fait remarquer ! Peut-être que je me plante complètement de voie. Peut-être que ce projet n’est pas réaliste. Peut-être qu’on va manger des pâtes blanches pendant un an pour rien. Mais peut-être pas. Et c’est cet espoir-là que j’ai envie de vous partager. Parce que, pour en avoir beaucoup parlé autour de moi, je sais que je ne suis pas la seule à douter/avoir douté. Et que, comme moi, vous ne vous sentez peut-être pas légitime d’avoir ces doutes. Alors, je voulais juste dire, que c’est normal. Et qu’il y a des solutions. Et que, vraiment, ça fait déjà juste du bien d’essayer.

Des bisous,

Typhanie